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Ben Aoumeur Berrahhal tire la sonnette d’alarme sur le déclin du Ghali de Mascara et salue la lutte contre la corruption

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LEKEHAL MOHAMED BOUDJELLEL

Le Ghali de Mascara, autrefois symbole de gloire du football algérien, traverse aujourd’hui une crise profonde tant sur le plan organisationnel que sportif. Une situation qui contraste fortement avec les années fastes du club, marquées notamment par l’épopée historique de 1984, lorsque le Ghali avait décroché le titre national face à des clubs redoutables.

Figure emblématique de cette période dorée, Ben Aoumeur Berrahhal, considéré comme l’architecte de ce sacre, ne cache pas son amertume face à la dégradation actuelle du club. Dans un entretien accordé à notre rédaction, il revient avec lucidité sur les raisons de cette chute et élargit son analyse à l’état du football algérien dans son ensemble.

Selon lui, la principale différence entre hier et aujourd’hui réside dans l’esprit de gestion. « À notre époque, nous ne disposions pas des moyens financiers actuels, mais nous étions animés par la passion et le dévouement. Aujourd’hui, certains dirigeants s’intéressent davantage aux avantages personnels qu’au développement du club », explique-t-il. Il pointe également du doigt les séquelles de la décennie noire, qui ont, selon lui, ouvert la porte à des pratiques nuisibles dans le milieu sportif.

Interrogé sur les mesures prises par l’État pour lutter contre la corruption dans le sport, Berrahhal se montre favorable. Il estime que ces actions sont nécessaires pour « mettre fin à la politique de la vache à lait » et redonner de la crédibilité au football national. « Il faut laisser la justice faire son travail », insiste-t-il.

L’ancien dirigeant a également salué la nomination de Walid Sadi à la tête du secteur sportif, estimant que son passage incarne un renouveau. Il n’a pas manqué de proposer son expérience pour accompagner les réformes en cours.

Concernant les tensions entre anciennes figures du football national, notamment les accusations liées au ralliement à l’équipe du FLN durant la guerre de libération, Berrahhal appelle à l’apaisement. Il regrette l’émergence de telles polémiques et invite à éviter les divisions inutiles, rappelant que « chacun a servi son pays à sa manière ».

Revenant au Ghali de Mascara, il exprime son regret face à la situation actuelle du Gali. Toutefois, il refuse d’imputer la responsabilité uniquement à la gestion actuelle, préférant mettre en cause les divisions internes et les luttes d’influence. « Le véritable ennemi du club est interne. Il faut unir les efforts pour retrouver la stabilité », affirme-t-il.

Enfin, évoquant l’avenir du football algérien, Berrahhal insiste sur la nécessité d’une réforme progressive et structurée. Il souligne l’importance de redonner une place centrale à la formation des jeunes, considérée comme le socle du renouveau.

En conclusion, celui qui a également occupé des fonctions politiques réaffirme sa disponibilité à contribuer, bénévolement, à la reconstruction du football national. Un engagement qu’il considère comme une dette morale envers un sport qui a façonné son parcours.

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